Fermeture du Prince d'Egypte et actu fast-food
McDonald's envoie des cambrioleurs à travers le monde, KFC trempe son poulet dans la sauce piquante, Holy Cow joue la carte chipotle et Lausanne perd une de ses plus anciennes adresses à kebab. On fait le point.
Le Prince d'Égypte ferme ses portes, et avec lui un bout d'histoire

C'est le genre de nouvelle qui ne fait pas la une, mais qui compte. Le Prince d'Égypte, rue Centrale à Lausanne, a fermé. Pour ceux qui ne connaissent pas, c'est une des plus anciennes adresses de kebab et de falafels de la ville, en activité depuis 1999. Vingt-sept ans à nourrir les passants, les étudiants et tous ceux qui cherchaient une broche artisanale de haute qualité.
J'ai publié récemment ma liste des yaprak kebabs à Lausanne, et c'est en allant photographier le lieu que j'ai constaté le drame. Ce qui me frappe, c'est que ces fermetures passent inaperçues. Quand un restaurant gastronomique baisse le rideau, il y a un article dans Le Temps et des gens qui pleurent sur les réseaux. Quand un kebab de quartier, de si bonne qualité, et qui a tenu un quart de siècle disparaît, personne ne bronche. C'est précisément ce genre de silence que Guérilla Gourmande est là pour rompre. Le Prince d'Égypte, c'était un des maillons de cette chaîne de restauration populaire qui fait vivre les centres-villes bien plus sûrement que n'importe quel concept branché à 28 francs le bowl.
McDo fait le tour du monde avec le World Menu Heist

Je dois reconnaître que la campagne est bien trouvée. McDonald's a lancé en Suisse son World Menu Heist, un concept où des voleurs professionnels auraient dérobé des spécialités dans les McDo du monde entier pour les ramener dans nos cuisines helvétiques. Au menu : un McCrispy Teriyaki du Japon, un Maple BBQ & Bacon Double Quarter Pounder du Canada, des Cheese Empanadas chiliennes, un McFizz Sakura (boisson pétillante aux notes de fleur de cerisier) japonais, un McFlurry Popcorn Caramel d'Indonésie et une Sauce Cheese Truffle Flavor de Singapour. C'est disponible jusqu'au 11 mai.
Ce qui m'intéresse ici, c'est la tendance. McDonald's fait ça de plus en plus à l'international, ces rotations de menus "venus d'ailleurs", mais c'est relativement nouveau pour le marché suisse. On connaissait les éditions limitées saisonnières, les collaborations marketing à gogo, mais cette idée d'importer les hits des autres pays, c'est un cran au-dessus dans la stratégie. C'est malin parce que ça crée de l'urgence (c'est temporaire), de la curiosité (c'est exotique) et ça transforme un McDo en espèce de food court planétaire miniature. Évidemment, on reste chez McDonald's, personne ne va confondre un McCrispy Teriyaki avec un vrai karaage de rue à Osaka, mais la mécanique est intéressante et je suis curieux de voir si ça va devenir un rendez-vous régulier en Suisse, comme aux UK. Chez McDo, j'aime les classiques. En fait, aucun des burgers temporaires ne m'a jamais convaincu. Et comme je suis à fond sur l'artisanal en ce moment, je risque de toute façon de ne pas avoir le temps de tester. Mais pour une fois, je suis tenté.
Le Zinger Dunked de KFC, ou l'art de tout tremper dans la sauce

KFC Suisse a sorti le Zinger Dunked, et là, je suis client. Le concept : un filet de poulet croustillant et épicé, trempé dans une sauce piquante baptisée Blazing Temptation, le tout servi dans un pain au piment avec du fromage et de la salade. C'est disponible jusqu'au 29 avril, en burger seul, en menu ou en box avec des Hot Wings.
J'ai déjà parlé de cette pratique du "dunking" dans mon article sur Mealz. C'est très américain, ce geste de tremper le poulet frit entier dans la sauce avant de le servir, et c'est en train d'arriver chez nous par la porte des chaînes. Ce qui est réjouissant, c'est que ça témoigne d'une montée en puissance du piquant dans l'offre fast-food suisse. On est quand même un pays où pendant des décennies, le scharf c'était une moutarde Thomy un peu corsée. Le fait que KFC ose sortir un produit construit autour de la sauce piquante comme ingrédient central, pas comme condiment en sachet qu'on oublie au fond du plateau, ça dit quelque chose sur l'évolution des palais. La tendance swicy (sweet and spicy) qui explose aux États-Unis est clairement en train de contaminer le marché suisse (coucou le Crousty), et pour votre serviteur à papilles Scoville-proof, c'est une bonne nouvelle. Reste à savoir si ça pique au moins un peu, pour de vrai, parce que les flammes, c'est souvent seulement sur les affiches et les emballages.
Holy Cow et le Holy Chipotle : la limited edition prudente

Holy Cow lance le Holy Chipotle, édition limitée avec bœuf 100% suisse, cheddar fondu, bacon croustillant, purée d'avocat et sauce chipotle maison. La photo Instagram est jolie, les commentaires sont enthousiastes, c'est disponible pour deux mois.
Je ne vais pas faire semblant d'être transporté. Le chipotle, passons sur l'avocat, c'est un arôme qui a fait le tour du monde depuis dix ans. On le trouve dans les sauces de supermarché, dans les wraps Subway, dans à peu près tout ce qui veut se donner un air "fumé et un peu mexicain" sans prendre le moindre risque. C'est un peu la valeur refuge du burger gourmet. Quand tu ne sais pas quoi inventer comme nouveauté, tu sors le chipotle, tu mets de l'avocat, du bacon, et voilà. Je ne dis pas que ce sera mauvais, mais disons que sur l'échelle de l'audace, on est plus près du livret d'épargne que du bitcoin. J'aurais aimé qu'ils tentent quelque chose de plus inattendu, un burger aux saveurs d'Asie du Sud-Est (au hasard), un truc fermenté, un piment frais qu'on ne connaît pas, n'importe quoi qui oblige le client à se poser une question. Mais bon, je suppose que quand on a 25 points de vente à faire tourner, la prudence est un réflexe de survie, surtout en ce moment.