All-American Cheeseburger chez Mealz
C'est fait ! La première revue de smash est là.
Sur la route de Mealz, je suis inquiet de ne pas avoir grand-chose à dire sur leur cheeseburger. Est-ce que ma stratégie de comparaison est la bonne ? Et si le burger de chez Mealz est à peu près le même que Classic, je fais quoi ?
Aussitôt servi, aussitôt rassuré. L'évidence est devant moi : la combinatoire des façons de faire, des produits, de la découpe, des cuissons et d'une myriade de menus détails produit toujours quelque chose de rigoureusement unique.
Autant Classic respire l'approche old school, autant Mealz est emblématique de ce que j'appelle le néo-classique. Un retour aux sources du burger allié à des techniques innovantes.
L'innovation, vous la trouvez dès la commande sur écran tactile. Ce n'est plus si nouveau, mais pour un petit restaurant local, c'est assez rare pour être signalé. J'ai remarqué que ça existe aussi dans certains snacks comme chez My Food Prilly.

Là où Classic se démarque par une ambiance "street graffiti USA", Mealz a fait le choix du minimalisme générique, probablement un peu par contrainte budgétaire. Mais je me dis aussi que la déco ne doit pas être le fort de la team. L'ambiance sonore aussi est à l'opposé de Classic : Une douce musique lounge m'accompagne dans la découverte du lieu. Ça résonne un peu, ce qui n’aide pas à se sentir dans une ambiance chaleureuse, surtout en ce jour de pluie.

Donc, la salle est un peu bricolée, ce qui lui donne un air de cafétéria. Mes intuitions se confirment : Mealz est avant tout un projet de delivery comme l'attestent la structure et la communication de leur site. En fait, bien plus d'efforts ont été mis dans la communication en ligne que dans l'expérience sur place. Ça n'empêche pas que j'ai reçu un accueil sympathique jusqu'à la sortie du restaurant.

Mealz propose 3 concepts en 1 : smash burgers, fried chicken et sando. On ne s'y attardera pas aujourd'hui, mais on se réjouit déjà de revenir. Pour l'heure, concentration sur le cheeseburger. Notons quand même que Mealz a créé trois marques pour chacune de ses verticales : Slurp Burger, Cocotte et Suki Sando. Ils ont même poussé l'effort jusqu'à concevoir trois comptes Instagram, 3 shops en lignes, 3 logos, etc. Une stratégie marketing intelligente et totalement en adéquation avec la volonté d'occuper le terrain de la livraison en répondant à une triple demande. Tu m'étonnes que les tradis sont en galère.
C'est cette réalité que je découvre aujourd'hui. La restauration existe de plus en plus dans un espace en ligne, à l'abri des regards, bien au chaud dans le cocon de son logement. Mealz, avec ses 8 places assises, soit 2,8 par marque, est une pièce de plus au puzzle.
Alors, ce burger ? D'abord le packaging est moins fun que chez Classic. On est dans le jetable basique avec la pochette de couverts en bois qui me déprime. C'est un autre changement de paradigme : Encore aujourd'hui, si vous prenez un kebab sur assiette, vous aurez de la vaisselle. Pour moi, ça compte.

Pour mon bonheur, il eût été difficile de faire plus différent pour ce second cheeseburger de ma tournée. Cette fois-ci, c'est un smash honnête, certes profilé, mais sans coup de génie à 12,50 CHF.
D'abord, j'étais pas hyper ravi de voir les bords du steak s'effriter sur mon assiette. Les patties sont effectivement bien fins mais le Maillard n'est pas dingue alors que la viande est légèrement sèche et sous assaisonnée. Bon point, le fromage est si bien fondu qu'il est devenu une sorte de sauce.
Le pain est bon chaud, toasté, et pour une fois, il ne vole pas son appellation de "brioché". Ce bun a le goût de brioche, beurré et tout. Il en a aussi la douceur. Je peux sentir le sucre en fin de bouche. Le défaut, c'est que ça va jusqu'à évincer les autres saveurs.
En fait, ce sandwich est tout en rondeur. Les oignons sont caramélisés, pas d'oignons crus, la sauce est douce et ce pain brioché finit le tableau. Seul le cornichon vient couper le profil de goût par son acidité. C'est l'image que je me fais d'un burger dans tout son américanité. Pour mon palais européen, je suis un fin gourmet, m'voyez, ça manque de relief, même si c'est bon. Et ce goût de brioche prend décidément trop de place.
Comme chez Classic, j'ai pris un coleslaw. Ici encore, Mealz souffre de la comparaison. La découpe n'est pas précise et c'est un peu salé. En plus, le prix, 5,50 CHF, est 12 % plus élevé.

Je suis un peu gêné parce que, malgré ces critiques, j'ai trouvé ça super. À sa manière, ce burger avait du caractère, un profil bien à lui. Alors je vous recommande chaudement d'aller chez Mealz pour vous faire votre propre opinion. Moi, je crève d'envie d'y retourner pour goûter les autres trucs. L'équipe est cool, ils sont fiers de venir de l'île Maurice et d'avoir des recettes inspirées de leur terre natale, comme le Tropical Crunch avec son ananas ! Et puis, il y a les deux autres marques à tester.
Je tire une autre leçon de cette visite : Le niveau à Lausanne est élevé et la concurrence est rude. Il n'y a pas si longtemps que ça, j'aurais classé ce burger en haut de ma liste. Aujourd'hui, il doit rivaliser avec d'autres entrepreneurs passionnés, nombreux, et qui savent exactement où ils vont.
Infos pratiques
📍Mealz
Av. de Sévery 2, 1004 Lausanne
📞 021 214 18 08
🌐 https://mealz.ch/