Classic - Le burger old school qui claque
Le burger revient à ses fondamentaux. À Lausanne, des adresses comme Classic assument le fast food dans sa version la plus directe.
Le burger revient à ses racines. C'est en tout cas mon idée sur les dernières tendances à Lausanne, et ailleurs. Je suis content parce que c'est ce que j'aime. La découverte d'aujourd'hui en est un brillant exemple.
En revanche, je reste horrifié par mon ignorance crasse de la scène burger lausannoise. C'est marrant, parce que je savais que j'étais devenu un random péon de la bouffe. Mais le constater si nettement alors qu'on prétend écrire sur le sujet, c'est autrement plus douloureux. Alors je prends mon bâton de pèlerin et commence le boulot de débroussaillage.
Classic est en haut de ma liste. Il coche plusieurs des cases qui m'intéressent : Cette adresse ouverte en février 2025 joue à fond la carte du fast food qualitatif. Elle récupère les codes couleurs, le packaging, revendique une déco à l'américaine et affiche une carte sans aucun complexe.

En entrant un lundi à 11h30, l'endroit est vide de clients, mais 4 équipiers, dont le patron, Ali Salameh, sont alignés devant la cuisine ouverte, prêts pour l'action. C'est les vacances, mais visiblement, il peut y avoir du rythme. D'ailleurs, il y a une musique un peu techno qui tourne en fond.
Pour mon plus grand plaisir, ça sent déjà la friture et le grill chaud. Je vois d'ici les gars chouiner sur ce que les collègues de l'open space vont penser. Ici, le client est au contact direct de ce qu'il mange et proche de ceux qui bossent, sur Terre quoi. Je pense aux friteries de quartier et à leur ADN de commerce de proximité.
Toujours dans la logique snack, l'endroit est pensé pour l’emporter et la livraison. Plus j'avance dans mes recherches, mieux je comprends l'importance prise par ces nouveaux modes de consommation. La salle peut accueillir une dizaine de personnes et n'offre pas un luxe de confort. Tu paies au comptoir, tu ranges ton plateau et ta bouteille PET. Décidément, ce lieu de transit a tout pour me plaire.

La carte laisse autant de place au bœuf qu'au poulet frit ce qui signale, en principe, que les deux options se valent. Il faudra revenir car ma découverte des burgers lausannois va revêtir un caractère systématique. Pas de poulet aujourd'hui.
Pour le moment, j'ai décidé de ne tester que les cheeseburgers de Lausanne. Ce sera plus simple à comparer. Et puis, c'est comme la pizza : la meilleure, c'est souvent la margherita. Si je m'écoutais j'enlèverais le pain de mes burgers. D'ailleurs, c'est sûrement ce que je ferais si j'ouvrais Guérilla Burger. T'aurais que des machins à cheval : cheddar à cheval, œuf à cheval, bacon à cheval, cheval à cheval... vous voyez le tableau.
À la relecture, ChatGPT a essayé de faire sauter le paragraphe au-dessus, mais je l'ai envoyé se faire cuire un œuf (à cheval).
BREF ! J'ai commandé le Classic Burger (12,90 CHF) avec juste un peu de sauce piquante en plus.

J'ai fait mon choix de puriste, mais il faut reconnaître que cette carte fait envie. En tête : le Swiss Truffle (15,90 CHF) et le sandwich géant au poulet et mozza Mighty Buffalo (17,90 CHF). J'ai aussi noté des accompagnements vraiment bon marché comme les onions rings à 4,90 CHF les 6 ou le coleslaw au même prix.
Voilà la brigade qui se met au travail et grille mon steak sous mes yeux ébahis. Ça grésille, ça crépite et BOOM !

Ali Salameh n'a pas appelé son spot Classic par hasard. Le steak est bien cuit, ni smashé ni rosé. Feuille de salade, rondelles d'oignons rouges coupés très fins, cornichon, et cheddar bien fondu : tout est à sa place.
Surtout, ce steak haché est parfait. L'enjeu est de griller un steak de qualité, bien assaisonné, à point, sans une seconde de trop pour le servir immédiatement. L'air de rien, ça fait pas mal d'occasions de se planter. Ce jour-là, Classic a fait tout juste : chaque bouchée, bien chaude, mélangeait goût de grillade et de jus de viande. Les dieux du goût ont joint leurs forces comme dans Dragon Ball Z pour en faire bien plus que la somme des parties.

Pour ne rien gâcher, il y avait de la mâche et des petits morceaux, parfois peu nobles. Un côté boucher qui séduit mon esprit viandard, mais qui pourrait détourner les plus fragiles d'entre vous. Toutes proportions gardées, je pense aux Tsukune japonaises dans lesquelles on ajoute du cartilage pour le croquant.
Le montage est aussi précis que la cuisson : Pas de tomate trop épaisse qui fout le camp, pas d'oignon qui prend toute la place, une seule couche de salade pour ajouter le croquant, sauce légèrement acidulée. Un burger tout en équilibre.
Je suis étonné par le pain plus grand que mon steak. Le sandwich a un aspect un peu plat. C'est une critique un peu injuste, je soupçonne que cette taille prend tout sens si vous commandez un Mighty Beef (16,90 CHF) qui empile steak et mozza pannée. Et j'ai gardé les doigts propres à tout instant. En fait, j'ai trouvé ça très bien aussi.
Et puis, c'est d'un moelleux. Ça fond pratiquement dans la bouche. Pour éviter que la sauce ne soit absorbée trop vite, on pourrait le toaster. Un détail qui est assez difficile à mettre en place opérationnellement, mais qui a son importance comme en atteste le boulot fait par McDonald's sur ce sujet précis.
Le souci du détail est une marque de fabrique ici. Même le coleslaw, sans prétention, était précis dans sa découpe et son assaisonnement.

Classic incarne le retour du burger à la simplicité revendiquée : cuisson à point, produits traditionnels et plaisir décomplexé. Mais pas de smashs ici alors même que l'ouverture est récente. En ce sens, Classic est old school. Ça montre que les tendances dont je parle, fast food, casual, gourmet, neo-classique, et j'ajoute aujourd'hui old school, se croisent et s'entremêlent.
Une chose est sûre, on applique ici une formule éprouvée avec une compétence qui force le respect. Je croyais préférer les smashs mais peut-être que je ne me connais pas si bien que ça. Ce cheeseburger m'a parfaitement convenu.
Infos pratiques
📍 CLASSIC
Av. Georgette 2, 1003 Lausanne
📞 021 888 82 97
🌐 enotecacapponi.ch